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A découvrir dans ce livre

Ce livre a été conçu à la suite des commémorations du 60e anniversaire de l’accord belge-marocain de main d’oeuvre du 17 février 1964. Il poursuit 3 objectifs principaux.
Un essai de synthèse qui propose un survol parallèle de l’histoire de ces deux pays

Ce livre propose une exploration parallèle de l’histoire de ces deux pays. Il tente d’en déchiffrer les méandres, d’en dégager les continuités et les ruptures, et d’en esquisser quelques significations. Il s’adresse à toutes les générations et plus particulièrement aux jeunes. L’objectif est d’apporter des éléments utiles à une lecture synthétique des relations entre le Maroc et la Belgique au fil du temps.

Une invitation et un encouragement à la pose d’un regard mutuel plus apaisé et confiant entre les deux rives de la Méditerranée

Dans ce début de XXIe siècle marqué par de grandes incertitudes géopolitiques, faire dialoguer les mémoires plurielles de la Belgique et du Maroc répond à un objectif premier : encourager un regard mutuel plus apaisé et confiant entre les deux rives de la Méditerranée. Cette démarche est d’autant plus nécessaire que l’héritage mémoriel dont nous disposons reste largement influencé par les déséquilibres de pouvoir instaurés aux XIXe et XXe siècles.

Une contribution aux débats mémoriels en cours tant en Belgique qu’au Maroc

Le récit de cet ouvrage cherche à apporter une contribution aux débats mémoriels en cours dans les deux pays. L’un des enjeux majeurs de cette rétrospective, nous semble-t-il, consiste à éviter un double écueil : celui du vide mémoriel, qui laisse libre cours à toutes les projections et aux mythes, et celui de la surcharge, qui fige le passé et fait peser un poids parfois trop lourd sur les héritiers d’aujourd’hui.

Extraits

Voici un petit échantillon de ce que vous apprendrez en lisant ce livre.

Les espaces géographiques qu’occupent la Belgique et le Maroc d’aujourd’hui sont connectés par des circulations humaines depuis des temps immémoriaux. Le Nord Ouest de l’Europe et l’Afrique du Nord sont en effet des espaces de mobilité et d’échanges depuis la préhistoire. Deux découvertes scientifiques récentes, la découverte de l’homme de Djebel Irhoud et le séquençage du génome de l’Homme de Néandertal par le Prix Nobel de médecine 2022 Svante Paäbo, nous offrent une occasion d’évoquer la très longue durée.

Alors que l’Europe se lance à corps perdu dans la révolution industrielle, le XIXᵉ siècle voit le repli et le lent déclin que le Maroc, mais plus largement l’Afrique du Nord et le monde arabe, avait entamé après l’expulsion des musulmans et des juifs d’Espagne en 1492 se poursuivre et s’accélérer. Pour autant, le Maroc est, avec le royaume d’Éthiopie, le seul pays d’Afrique à préserver une forme d’indépendance par rapport aux puissances européennes et à l’Empire ottoman. Entre le XVIIIᵉ et le XIXᵉ siècle, l’évolution du Maroc continue d’être marquée par les tensions bien connues entre tradition et modernité. La période suscite également une forme de fascination pour le développement remarquable que connait le monde occidental. Ce sentiment s’accompagne toutefois d’une méfiance réelle face aux ambitions expansionnistes de ces puissances en Afrique.

Le Maroc aborde le XXe siècle privé de son indépendance millénaire et de la souveraineté sur son territoire forgées par les dynasties régnantes qui se sont succédées depuis l’avènement d’Idriss Ier en 789. La France du Maréchal Lyautey et l’Espagne instaurent leur administration, prenant en charge la « protection » du pays. Pendant ce temps, la Belgique traverse le tumulte de deux guerres mondiales et en subit les conséquences dramatiques. Nombreux sont les soldats marocains qui sacrifient leur jeunesse en combattant les forces allemandes sur le sol belge et européen. Paradoxalement, la présence belge au Maroc s’intensifie comme jamais auparavant : commerçants, industriels, artistes s’installent en nombre croissant sur les territoires marocains sous protection française telles que Rabat, Casablanca, Tanger, Marrakech ou Agadir. Dès l’entre-deux-guerres, des mouvements migratoires en sens opposé émergent et s’amplifient après 1945, marquant durablement les relations entre les deux pays.

La deuxième moitié du XXe siècle voit les relations belgo-marocaines s’intensifier. Les administrations des États belges et marocains structurent leur coopération dans divers domaines : circulation de la main-d’œuvre, coopération technique, collaboration militaire et sécuritaire, ainsi que coordination en matière sociale. Pionnière dans le processus d’unification européenne, la Belgique est membre fondateur de la Communauté Économique Européenne. Cette nouvelle organisation supranationale reconnaît le Maroc comme partenaire dès 1976 via un accord d’association. Cette période est aussi marquée par une accélération des migrations marocaines vers la Belgique, tandis qu’au Maroc, la présence belge, qui s’est développée sous le Protectorat français, se consolide. Ingénieurs, entrepreneurs et experts belges contribuent aux vastes chantiers de modernisation du pays. Des efforts conjugués qui illustrent un partenariat évolutif, façonné par les défis du redressement économique post-indépendance au Maroc et de la reconstruction de la Belgique après la Seconde Guerre mondiale.

Le début du XXIᵉ siècle marque une évolution significative des relations entre la Belgique et le Maroc. Sur le plan politique, économique et social, les deux pays redéfinissent leurs liens dans un cadre de coopération qui s’équilibre. La présence marocaine en Belgique évolue, avec une diaspora qui gagne en visibilité et influence. Ses nouvelles générations s’intègrent dans tous les secteurs d’activité économique, politique, scientifique, artistique, culturelle et sociale. Les coopérations en matière de sécurité, de recherche scientifique et d’économie connaissent un essor notable. Elles illustrent une interdépendance accrue, dont le secteur des énergies renouvelables est l’un des enjeux centraux. Sur la scène internationale, le Maroc s’affirme comme un acteur clé en Afrique et en Méditerranée. Cette montée en puissance renforce son attractivité auprès des investisseurs belges. Les grands chantiers du règne de Mohammed VI comme la régionalisation avancée, l’organisation de la Coupe du Monde de football en 2030 conjointement avec l’Espagne et le Portugal, la lutte contre le terrorisme et contre la criminalité transnationale figurent parmi les terrains de la coopération d’aujourd’hui.

Illustration: A gauche, la double page ouvrant l’un des chapitres du livre.

Ce qu’ils en disent….

Quelques réactions et impressions..

“Certains livres ne racontent pas une histoire. Ils l’organisent, la désenclavent, la font respirer autrement. Entre-deux rives fait partie de ces ouvrages rares, à la fois beau livre et livre de fond, entre récit historique et proposition éditoriale (…) Il propose une traversée à la fois documentée et sensible des liens tissés entre le Maroc et la Belgique"

Amine BoushabaJournaliste, Éditorialiste et Chroniqueur culturel, Casablanca

“En explorant les histoires parallèles du Maroc et de la Belgique, Entre-deux rives propose à la fois une traversée du temps et un voyage à travers l’espace, entre les rives nord et sud de la Méditerranée. L’approche adoptée s’inscrit dans une démarche originale, qui vient combler un vide dans le champ éditorial consacré aux dynamiques migratoires et au pluralisme culturel, tant en Belgique qu’au Maroc.”

Driss El YazamiPrésident du Conseil Supérieur de la Communauté Marocaine à l’Étranger
À propos de l'auteur

Hassan BOUSETTA

Je suis né le 13 juillet 1970. Je suis Docteur en Sciences Politiques et sociales, chercheur au FNRS (Fonds National de la Recherche Scientifique) et Professeur associé à l’Université de Liège (Belgique). Depuis 2003, je suis membre du CEDEM (Centre de recherche sur l’ethnicité et les migrations, un laboratoire de recherche basé à la Faculté des Sciences Sociales dont j’ai assuré dans le passé la co-direction.

J’étais auparavant à la Katholieke Universiteit Leuven. Je suis aussi un ancien Marie Curie Visiting Fellow du Centre for the Study of Ethnicity and Citizenship basé au département de sociologie de l’Université de Bristol (Royaume-Uni). Mes travaux récents portent sur la mobilisation transnationale des diasporas mais j’ai également publié de nombreux travaux sur la participation politique des minorités et sur les politiques multiculturelles. J’ai eu l’occasion de collaborer à de nombreux travaux de consultance et d’expertise pour des fondations privées, des organisations internationales (Conseil de l’Europe), des gouvernements et des villes ou réseaux de villes.

Parallèlement à ma carrière scientifique, j’ai eu la grande chance d’être élu Sénateur au Parlement fédéral belge ainsi que conseiller municipal de la ville de Liège. J’ai enfin été actif comme chef de cabinet adjoint de la Ministre de l’Emploi de la Wallonie.

En 2025, je publie l’ouvrage « Entre-deux rives. Belgique-Maroc, histoires parallèles, destins croisés » chez Maha Éditions (Casablanca) que j’ai le plaisir de vous faire découvrir à travers ce site

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